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Retrouvez dans cette rubrique des sujets qui tiennent à coeur au responsable du club météo.

Sommaire:

- le phénomène El Nino
- les tornades solaires

Le phénomène El Nino

Cette fin d'année et le début de l'année prochaine vont être marquées par un fait météorologique important : le phénomène El Nino. El Nino se produit dans les zones équatoriales du pacifique et se caractérise par une anomalie chaude de température de surface de l'océan. Ce courant d'eau chaude influence directement la circulation atmosphérique et a donc des répercutions importantes sur les températures et les pluies aux tropiques mais également jusqu'aux latitudes moyennes. Quant à l'Europe, elle est, a priori, peu impactée par El Nino ou alors de façon très indirecte.

Les figures ci-après décrivent les 2 situations possibles dans le pacifique sud : la situation classique et la situation El Nino.

classique

ElNino

A gauche, situation classique (ou El Nina lorsqu'elle est amplifiée) - A droite, situation El Nino - source Météo France - François Poulain

En situation El Nino, les eaux chaudes circulent plus vers l'est et arrivent en force vers les côtes occidentales de l'Amérique du sud. La zone de formation des dépressions est donc décalée comme le montre les figures ci-dessus. Les eaux baignant le Pérou et l'Equateur sont plus chaudes et les eaux froides ne se retrouvent plus qu'en profondeur même au large du Chili.


Le phénomène El Nino qui signifie "enfant Jésus" tire son nom des pécheurs des côtes péruviennes qui ont remarqué ce courant d'eau chaude qui survenait de temps en temps à la période de Noël et qui influençait la quantité de poisson récoltée. Cette année, il est attendu particulièrement important (certainement l'un des plus puissants depuis 1950) car l'anomalie de température de l'eau de surface devrait se situer aux alentours des +2 °C. La figure ci-dessous vous montre l'évolution de la température de surface de l'océan depuis octobre 2013.

evolution T

source Mercator Océan


El Nino va donc bouleverser la répartition habituelle des zones chaudes et froides ainsi que des zones humides et sèches. Les figures qui suivent montrent la répartition des anomalies de température et de précipitations à l'échelle mondiale.


anomalie T



Anomalie de température de surface des océans pour le trimestre novembre-décembre-janvier prévue par différents modèles météos (moyenne).
Du jaune au rouge pour les températures supérieures aux normales.
Du bleu clair au bleu foncé pour les températures inférieures aux normales.
On voit nettement le courant d'eau chaude à l'ouest du Pérou caractéristique de El Nino.


anomalie pluie



Anomalie de précipitations pour le trimestre novembre-décembre-janvier prévue par différents modèles météos (moyenne).
Du vert clair au vert foncé pour les précipitations supérieures aux normales.
Du marron au beige por celles inférieures aux normales.
En blanc, lorsqu'aucun scénario n'est privilégié.
Les zones fortement impactées par El Nino, augmentation ou diminution des précipitations se trouvent principalement le long de l'équateur.


Cette modification des courants marins augmente le risque de sécheresse (Indonésie, Amérique centrale, nord de l'Amérique du sud et sud de l'Afrique). A l'inverse, des précipitations supérieures aux normales sont attendues sur le Mexique, le sud des USA, le sud du Brésil, Uruguay, Argentine, l'est de l'Afrique et le sud-est de l'Asie. De plus, des pluies intenses sont redoutées sur les régions côtières du Pérou et de l'Equateur.
La répartition inhabituelle des eaux chaudes bouleverse également la saison cyclonique; ainsi, certaines zones épargnées comme la Polynésie voient un risque accru de survenance de cyclones.
Au niveau mondial, les forts phénomènes El Nino se soldent souvent par des années plus chaudes, le phénomène combiné au contexte de réchauffement climatique global pourrait donc conduire à une année 2015 record. Enfin, l'Europe est peu impactée par El Nino même si la logique voudrait que la première partie de l'hiver soit plutôt douce et humide avant une seconde partie plus fraîche.

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Les tornades solaires

tornadesolaire

Un peu en marge de la météo, intéressons nous à un phénomène extraterrestre puisqu'il se déroule en plein coeur de notre système, c'est à dire sur le soleil. Les astronomes savent depuis 1878 que l'atmosphère solaire est plus chaude que le soleil lui-même. Cette constatation, fruit de différentes mesures et observations est surprenante. On pourrait, en effet, s'attendre à une température décroissante et se rapprochant de celle de l'espace environnant ou au mieux égale à celle du soleil.
C'est en 1868 que William Harkness et Charles Young ont découvert, en analysant la lumière émise par la couronne solaire durant une éclipse, un mystérieux rayon d'une longueur d'onde de 530,3 nanomètres. Dix ans plus tard, l'hypothèse fut avancée que ce rayon soit issu de l'émission d'atomes de fer soumis à une température de 2 millions de degrés alors que la surface solaire n'est qu'à 5600 degrés! D'autres mesures postérieures confirmèrent également ces résultats surprenants.
La question, restée alors sans réponse, était de savoir comment cette chaleur provenant forcément du coeur du soleil pouvait être canalisée jusqu'à la couronne. Cette énigme centenaire est en passe d'être résolue grâce aux observations de plus en plus performantes des téléscopes actuels.

Tornade solaire schématisée
Wedemeyer-Böhm et al./2012

tornadesolaire



Une des explications possibles est liée à des phénomènes magnétiques tourbillonnants qui viennent d'être observés par les téléscopes. Il s'agit de gigantesques tornades de quelques 3000 km qui seraient présentes en grand nombre (de l'ordre de 10000) et en permanence dans l'atmosphère solaire. C'est en partie grâce à elles que l'énergie du coeur du soleil serait transmise à sa couronne.
Ci-contre, une tornade solaire photographiée par le téléscope SDO de la NASA.
Ci-dessous, la vidéo enregistrée par SDO.

Vous pourrez retrouver plus d'informations et de détails dans de nombreuses revues scientifiques récemment parues. On peut notamment citer le numéro 1142 de novembre 2012 de la revue Science et vie.

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